Abroger la loi sur les soins abordables au moment où les gens en ont le plus besoin

Alors que le pays est sous le choc de plus de 130 000 décès COVID-19 et de la plus importante récession depuis la Grande Dépression, plusieurs États dirigés par des républicains et le ministère de la Justice plaident en faveur de l’invalidation de la loi sur les soins abordables (ACA), retirant l’assurance maladie à 27 millions d’Américains et laissant au moins 54 millions de personnes ayant des conditions de santé préexistantes potentiellement non assurables.

Si l’affaire portée devant la Cour suprême – Californie contre. Texas – aboutit, ce sera un coup catastrophique pour ceux qui comptent sur la loi et ses protections, ainsi que pour les millions d’autres qui devraient s’inscrire à Medicaid et aux plans du marché cette année après avoir perdu les prestations de santé de leur employeur en même temps que leur emploi.

Alors que l’ACA a considérablement élargi l’assurance maladie, plus de 30 millions de personnes ne sont toujours pas assurées, un nombre qui a augmenté sous les politiques avancées par l’administration Trump et qui, selon des estimations récentes, pourrait augmenter de 3 millions d’ici la fin de l’année alors que la récession liée au COVID-19 se poursuit. Si la Cour suprême donne raison aux plaignants dans l’affaire Californie contre Texas, le pays risque de voir le nombre de 30 millions de personnes non assurées doubler pour atteindre au moins 60 millions de personnes à la même époque l’année prochaine. Ce chiffre serait supérieur – de 10 millions de personnes – à celui des personnes non assurées avant l’ACA. Les grandes inégalités raciales et de revenus dans la couverture de l’assurance maladie, auxquelles la loi a partiellement remédié, reviendraient. Les hôpitaux et les fournisseurs, en particulier les institutions du réseau de sécurité, seraient aux prises avec des charges croissantes de soins non compensés et des patients plus malades et plus coûteux qui ne reçoivent pas les soins préventifs dont ils ont besoin.

Dans un an, le coronavirus sera presque certainement encore parmi nous. Est-ce que 60 millions de personnes non assurées pourront se faire dépister quand elles en auront besoin ? Comment paieront-elles leur traitement si elles tombent malades du COVID-19 ? Le fabricant du médicament expérimental remdesivir a annoncé en juin qu’il facturerait aux assureurs privés américains 520 dollars par flacon ou 3 120 dollars pour un traitement de cinq jours. S’il existe un vaccin, comment les personnes non assurées le paieront-elles ? Et comment auront-ils accès aux soins de santé de routine qui sont essentiels pour vivre une vie productive et épanouie ?

Pour les personnes ayant des problèmes de santé mineurs à graves, les protections des conditions de santé préexistantes de la loi leur ont permis de demander une couverture. Les recherches indiquent que de nombreuses personnes qui sont tombées gravement malades à cause du COVID auront des problèmes de santé à long terme, notamment des lésions cardiaques et pulmonaires. Ces problèmes seront considérés comme des conditions préexistantes que la plupart des assureurs refuseront de couvrir si l’ACA est abrogée. D’autres dispositions populaires, comme l’interdiction des limites annuelles et à vie des prestations de santé et la possibilité pour les jeunes adultes de rester dans le régime d’assurance de leurs parents jusqu’à l’âge de 26 ans, seraient également abrogées. L’abrogation de la loi pourrait également signifier la perte des soins préventifs gratuits, y compris les vaccinations, pour 150 millions de personnes qui obtiennent une couverture par le biais de leurs employeurs.

L’Urban Institute a démontré qu’il est possible d’atteindre une couverture universelle en utilisant l’ACA comme base. Les étapes comprennent la conception d’une option de repli fédérale pour les États qui continuent à se retirer de l’expansion de Medicaid, l’amélioration et l’extension des subventions du marché, l’élimination des plans de santé à court terme et autres plans de santé non conformes à l’ACA, et l’auto-inscription. Des changements à la politique d’immigration, qui a laissé des millions d’immigrants non assurés, aideraient également à ramener le taux de non-assurés à zéro.

Mais si la Cour suprême se range du côté de l’administration Trump et des États qui demandent l’annulation de l’ACA, la nation devra repartir de zéro pour couvrir 60 millions de personnes non assurées. À ce jour, ni l’administration Trump ni les républicains au Congrès n’ont proposé de remplacement en cas d’abrogation de la loi. Le secrétaire américain à la santé et aux services sociaux, Alex Azar, a récemment déclaré que l’administration se prononcerait sur un plan une fois la décision prise. Des millions de personnes se tourneront vers eux pour obtenir des réponses.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.