[Guide 1/6] Les Données, vivier de créations d’entreprises

Cet article est le premier d’une série de six articles autour du thème de l’utilisation des données par les entreprises.

Comment les entreprises peuvent réutiliser leurs données ?

Les Données, vivier de créations d’entreprises

Récession, endettement, chômage… Les perspectives pour les entreprises et l’emploi sont mauvaises aujourd’hui en France. L’Open Data est une solution à ces problèmes. Pourtant, force est de constater que trop peu d’entreprises prennent ce sujet au sérieux, mises à part quelques rares exceptions comme la SNCF qui a ouvert un grand nombre de ses données au public, proposé des concours de réutilisation de ses données, les fameux « hackathons », où des développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique en équipes sur un sujet déterminé dans le but de réaliser des applications web ou mobiles, rendant la vie plus facile à tous les citoyens.

Ainsi, ce mouvement, qui ne concerne majoritairement pour le moment que les institutions publiques, représente un vivier de créations d’entreprises et donc d’emplois.

Les premiers bénéficiaires de cette ouverture sont donc les développeurs d’applications constitués en entreprises spécialisées de créations d’applications, comme par exemple les agences qui créent et développent des applications mobiles et web pour d’autres entreprises, ou des particuliers à leur compte. Ces développeurs d’applications sont chargés de la programmation d’un logiciel en suivant un cahier des charges précis et en respectant les normes en vigueur et s’occupent de la conception technique, du codage, de la mise au point et des tests ainsi que la création de la documentation à destination de l’utilisateur final. Avec la libération d’innombrables jeux de données partout en France, de nombreux postes de développeurs ont l’opportunité de voir le jour, permettant ainsi la création d’un véritable écosystème autour de ce domaine. En suivant cette logique, il est tout à fait imaginable de penser la création d’agences de création d’applications mobiles et web dans l’Open Data. De même, les développeurs d’applications gagnent à cette libération de données en y retirant une reconnaissance et une visibilité de leur travail, donnant notamment la chance à un bon nombre d’entre eux d’être embauchés ou promus au sein d’entreprises. C’est dans le domaine du transport que ce processus d’ouverture des données au public est à son paroxysme, à l’exemple de l’application Itinerennes dont les données reposent sur celles libérées par le transporteur Keolis, qui permet de trouver toutes les informations sur le réseau de transport à Rennes et obtenir les horaires des bus publics et la disponibilité des vélos. D’autres applications innovantes, facilitant la vie d’un grand nombre de citoyens, ont également eu la chance d’être mises sur le marché. C’est le cas notamment de Handimap, outil d’aide à la mobilité urbaine à destination des personnes handicapées ou à mobilité réduite de la ville de Rennes. Le tout maintenant est de le mettre en place à l’échelle nationale.

Les deuxièmes potentiels bénéficiaires identifiés sont les cabinets de conseil en données. En effet, les entreprises ont en leur possession un nombre incroyable de données mais comment savoir lesquelles favoriser ? Pourquoi celles-ci et pas d’autres ? Comment les utiliser à bon escient ? Et surtout, comment les réutiliser de façon optimale, c’est-à-dire dans un but de profit économique pour l’entreprise évidemment mais aussi ce que l’on peut appeler un « profit social » pour les citoyens, qui bénéficient de nouveaux outils et qui, mieux informés, possèdent plus de moyens d’action au sein de la vie citoyenne. C’est à ces questions que vont répondre les cabinets de conseil pour guider les entreprises dans leur libération de données et dans leur réutilisation. Il serait donc intéressant de voir émerger des cabinets de conseil spécialisés en données Open Data et Big Data, expression désignant un ensemble de données tellement volumineux que les outils classiques de gestion de base de données sont devenus inadaptés. Face au déluge de données auquel les entreprises doivent faire face dans le cadre de ce phénomène Big Data, et avec les outils traditionnels de gestion, stockage et analyse de données devenus obsolètes, il est nécessaire pour les compagnies de dénicher de nouveaux logiciels plus puissants permettant de mieux stocker, gérer et analyser leurs données, pour ainsi obtenir un avantage concurrentiel. Les cabinets de conseil pourraient alors diriger l’entreprise vers les meilleurs « logiciels données » pouvant exister pour son secteur d’activité, comme par exemple Watson, logiciel d’IBM qui est très utile pour les institutions financières car capable de traiter des millions de documents de façon ultra-rapide grâce à une bonne lecture et compréhension de la langue écrite, mais aussi et surtout des données non structurées comme celles trouvées dans les e-mails, les livres, les sites web… En somme, il remplace le « travail humain » d’analyse (des milliers de résultats de l’entreprise par exemple) et de lecture (de pages financières dans les journaux par exemple). Il peut être un grand recours aux banques notamment pour les aider à décider quels types de produits ou services choisir, pour chercher des signes montrant que certains clients deviennent moins solvables ou aussi pour essayer de réduire la fraude (en vérifiant notamment les noms des clients inscrits sur liste noire, soumis à sanctions. Cela peut paraître simple mais cette tâche est devenue très compliquée dans le monde réel, où les banques peuvent avoir des milliers de clients avec les mêmes noms que ceux sur la liste noire. Cela peut être désastreux, en cas d’erreur sur la personne de la banque, sur la relation-client. Dans ce cas, Watson peut être très utile car peut amasser pleins d’autres données sur ces mêmes clients, venant de pleins d’autres sources différentes comme la nationalité du client, le nom des membres de la famille, si elles ont voyagé ou reçu de l’argent en provenance de pays sur les listes de sanction…permettant ainsi de les différencier).

Il en ressort alors un troisième groupe de bénéficiaires de cette libération de données, les cabinets d’analyse des données aussi bien Open Data que Big Data dont le but est de transformer les données brutes nombreuses et intéressantes des entreprises en informations utiles pouvant être réutilisées. Si les entreprises se mettent à voguer sur la vague de ces mouvements, il devient nécessaire que de nouveaux cabinets, spécialisés dans ce domaine et encore trop peu nombreux aujourd’hui, se développent pour favoriser ces courants et aider les entreprises dans ce chantier. L’entreprise américaine Infochimps a notamment montré l’exemple en s’engageant dans cette voie avec sa plateforme donnant la possibilité aux entreprises de transformer, analyser et visualiser leurs données grâce à leur système de données pouvant ingérer puis analyser un grand nombre de data en peu de temps. L’entreprise s’assure même que leurs clients aient un stockage de données idéal par rapport à leurs besoins.

Il existe aussi un domaine dans lequel la création d’entreprises et d’emplois est possible, le secteur de la réalisation de data visualisations. Des nombres importants de données sont générées chaque jour par la société et notamment les entreprises. Pour toutes les appréhender, les comprendre et les lier, nous manquons de temps, mais aussi d’outils. Les data visualisations sont une réponse à ce phénomène qui pousse les entreprises et les citoyens à changer leurs façons de travailler et de s’informer. Elles permettent de rendre lisibles les flux de données impactant notre quotidien, et de mettre à jour des informations précieuses sous forme compréhensible dans un design agréable. Ce tout nouvel outil est encore très peu connu et donc très peu voire pas du tout utilisé par les entreprises. Quels en sont donc les avantages pour ces acteurs ? Celui-ci permet de mieux appréhender et comprendre les données complexes mais représente aussi un bon outil de pilotage des organisations, en rendant les modes de décision et les décisions en elles-mêmes plus visuels. Si un bon nombre d’entreprises se lancent là-dedans, il faudra nécessairement agrandir l’offre, ouvrant la possibilité d’emplois pour les graphistes mais aussi d’entreprises spécialisées, à l’image de wedodata ou de dataveyes qui réalisent de nombreuses data visualisations pour des clients mais aussi à titre personnel.

 

La semaine prochaine, nous parlerons des données sensibles des entreprises.