[Guide 5/6] Favoriser les échanges de données en développant un écosystème

Les entreprises sont elles-mêmes ré-utilisatrices de données libérées, aussi bien par les administrations que par les entreprises. Il existe en effet un véritable processus d’intégration de certaines de leurs données pour un tout nouvel usage pour l’entreprise « emprunteuse ».

• Il existe par exemple aux Etats-Unis une compagnie qui prend quotidiennement des photos de magasins Wal-Mart, multinationale américaine spécialisée dans la grande distribution, et du parking attenant au magasin, puis en déduit le nombre de clients fréquentant l’enseigne et en tire des projections de son chiffre d’affaires. La compagnie initiatrice de cette initiative revend alors ces informations aux fournisseurs de Wal-Mart.

Autre exemple qui parlera peut-être plus aux Français, l’association d’ASF (Autoroutes du Sud de la France) et d’Orange Business Services. Ces deux entreprises ont noué un partenariat en échangeant leurs données respectives pour développer une solution innovante d’information trafic temps réel à destination des collectivités locales et des exploitants routiers. L’objectif est de diffuser de l’information trafic temps réel sur près de 1200 kilomètres de réseaux routiers de différentes natures (autoroutes, voirie nationale et départementale…).

De beaux exemples d’échange de données d’entreprises pour créer des services commerciaux et citoyens.

• En partageant leurs données, les entreprises peuvent aussi avoir la possibilité de développer leurs activités grâce à la collaboration citoyenne, à l’image de Facebook qui, dans le cadre de son projet OpenCompute dont l’objectif est de construire l’une des infrastructures informatiques les plus efficaces et rapides à un coût financier et énergétique le plus bas possible, a décidé d‘ouvrir ses centres de données aux développeurs web. En adoptant une approche Open Source, la société offre l’opportunité à des développeurs de voir et reproduire ses serveurs de leurs « data centers », mais les incite aussi indirectement à contribuer à son projet. Un gain de temps, d’argent et de main-d’œuvre plutôt bien manœuvré ! L’entreprise peut alors catalyser l’énergie et le savoir-faire d’un plus grand écosystème de programmeurs et d’ingénieurs toujours avec une visée d’encore plus de profit. Mais, dans un même temps, en partageant ses informations stratégiques, Facebook favorise un écosystème dans lequel les développeurs peuvent mettre facilement sur pied des start-ups grâce au partage de son savoir-faire, rendant cet écosystème plus efficace et favorisant donc sa croissance.

 

• Un autre enjeu existe, celui de la coproduction, du « crowdsourcing », mouvement de participation citoyenne de « récolte » et de fourniture de données qui vont être réutilisées par les développeurs d’applications et les applications, propres par exemple notamment aux entreprises. C’est le cas de l’entreprise internationalement reconnue Openstreetmap, qui a mis en place une carte du monde librement modifiable par tous et reposant donc sur les données spatiales et géographiques apportées par chaque individu du monde dont les données cartographiques collectées sont ré-utilisables sous licence libre. De nombreuses entreprises s’inspirent de ce projet et utilisent ces données comme notamment l’application Foursquare permettant de se localiser, ou même l’agence immobilière Laforêt, dont le système de géolocalisation est basé sur les données rendues disponibles par Openstreetmap. Un petit retour des entreprises, en s’engageant dans l’ouverture de ses données, pourrait être un grand pas en avant dans la mise en place de cet écosystème et dans le développement de nouveaux services aussi bien citoyens que pour les entreprises elles-mêmes, en s’échangeant leurs données.