Les Freins à l’Ouverture des Données Transport

La propriété des données transport est un gros frein au développement de l’Open Data en France. En effet, un transporteur ou une collectivité ne peut ouvrir des données que s’il en est propriétaire. Ainsi, selon l’adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et des universités, Jean-Louis Missika, « il faudrait légiférer sur le sujet et faire des données transport une propriété publique ». Cela pourrait donc permettre l’ouverture d’un important nombre de nouvelles données riches et facilement réutilisables par les développeurs, apportant ainsi au citoyen de nombreuses informations supplémentaires sous forme d’applications. Car il est vrai que pour le moment, par exemple, le conseil général de Loire-Atlantique n’a pu ouvrir que les données liées aux transports scolaires car ce sont les seules dont il soit propriétaire…

Autre frein à cette ouverture, le coût de l’Open Data. Bien qu’il soit difficile d’obtenir des informations concernant le coût des initiatives Open Data, d’après notamment Keolis et Rennes Métropole, le budget accordé pour celles-ci est qualifié de « relativement important ». Chiffre marquant, la création du site Internet et de la plateforme de publication des données constituerait une dépense de quelques milliers d’euros. L’alimentation de la plateforme seule (ajout de données et mise à jour), quant à elle, reviendrait à près de 30 000 euros par an! Certes, le retour sur investissement que représente la création d’applications par les développeurs ou le développement de l’info voyageur par les usagers eux-mêmes peut largement surpasser les dépenses mais à quel pourcentage cela revient-il aux transporteurs ou aux plateformes? On peut alors se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle…

C’est pourquoi, la plupart des projets Open Data en France ont été initiés par des collectivités territoriales et non pas par les transporteurs. Selon Claire Gallon, animatrice de l’association LiberTIC, « l’Open Data n’a pas été identifié comme un axe stratégique de développement par les transporteurs ». Mais celle-ci est optimiste, « cela évolue ».

Ainsi, pour accélérer le phénomène, certaines collectivités pensent à intégrer l’Open Data dans leurs futurs contrats de délégation de service public pour pallier au problème de propriété des données.