Les data, la mine du 21ème siècle

Chaque entreprise, chaque citoyen, chaque association et chaque administration publique engrange tous les jours des dizaines de milliers de données. Informations clients, données médicales, temps passé par les utilisateurs sur un site, goût musicaux, habitudes d’achats, comportements clients… autant d’informations essentielles, qui chaque jour viennent grossir les rangs des serveurs stockant le « Big Data ». Ces statistiques et historiques de la vie numérique ont des retombées économiques et financières multiples.

Ceux qui possèdent des données auront une rente à vie,  exactement comme les entreprises qui exploitent des gisements miniers aujourd’hui.

En effet,  Apple avec iTunes,  Facebook avec les profils, Google avec les requêtes de recherche, ou Amazon avec les habitudes des clients, possèdent chacun une masse de données immense. Ces entreprises disposent  d’une base de données d’informations très précises sur les habitudes de comportement et les goûts de leurs utilisateurs. « Tous les deux jours, nous produisons autant de données que ce qui a été numérisé jusqu’en 2003 », prévenait, il y a quelques mois, Éric Schmidt, président de Google

Mais si les données sont le nouveau pétrole, il faut maintenant les raffiner, les stocker puis les transporter jusqu’au consommateur final. C’est un véritable défi  de rendre lisibles ces données au plus grand nombre. Les entreprises ont pris le train en marche et le recrutement de statisticiens ou de data managers explose déjà.

Le premier défi  est de mettre en valeur ces données, de les rendre lisibles et exploitables. Nous n’en sommes qu’au début. Toutes ces données ultra-ciblées peuvent être revendues très cher à des entreprises de marketing ou de publicité recherchant tel consommateur précisément, ou à des instituts d’enquêtes qui cherchent à comprendre l’évolution des comportements. Ce rapport nouveau aux données ne s’arrête pas aux bornes de l’internet. De nombreuses entreprises (Téléphonie, grande distribution, eau, électricité, transports) prennent aussi conscience de la valeur des données qu’elles possèdent et de ce qu’elles pourraient en tirer. Les réutiliser pour soi ou les vendre à d’autres. En conséquence, d’autres problèmes : comment protéger les vies privées et les données personnelles sensibles ? Une fois encore, la vitesse de la technologie a dépassé l’attention de la puissance publique. Des règles vont devoir être instituées, il y a trop de risques.

Le deuxième défi à trait aux inter-relations entre les différents acteurs. Les données sont multiples et libérées par différents acteurs. Un écosystème d’initiatives, de ré-utilisateurs et de vendeurs de données brutes ou d’informations retravaillées commence à voir le jour. Beaucoup se superposent.

Le troisième défi réside dans la formation, le développement de compétences dans cette nouvelle technologie.  D’une part, la France a besoin de personnes qualifiées pour traiter ces données, les rendre graphiquement exploitables, puis les revendre à des partenaires. D’autre part, il faut sensibiliser les entreprises et les administrations à l’étude de ces données, à leur libération et à leur exploitation, c’est le rôle de l’open data. Les opportunités de développements économiques sont immenses pour les entreprises qui s’y intéressent, et qui acceptent de prendre à bras le corps le problème du Big Data.

Enfin, le quatrième défi se trouve dans le stockage. Le cloud, cette nouvelle industrie qui consiste à stocker les données est en plein boom. « Tout va dans le cloud. C’est une nouvelle et vaste opportunité pour les opérateurs qui, en enregistrant tout, enregistrent la mémoire du monde », proclame John Chambers, président de Cisco. Mais, cela coûte cher, c’est un vrai métier et nombreux sont encore méfiants de la sécurité du cloud. Après tout, ses données dans un carnet manuscrit, dans son armoire, c’était assez sécurisé !

Si la France n’a pas de pétrole, et plus trop de mines, elle a bien des données. Des data naissent des data viz, des big data, des open data, des data kit, des data protocoles, des data stores, des data forums et data conférences … Espérons  que les grandes entreprises, les start-ups, et les organismes publics sauront développer des projets en commun pour faire de la France un pays leader de l’exploitation des données, data mining dans le jargon. La nouvelle économie est dans les data. La France n’a pas de retard. Faisons en sorte qu’elle n’en prenne pas, ne ratons pas le coche. Les grandes entreprises de demain se créent aujourd’hui, à partir des data.