Open Data: Retour sur la Genèse du Mouvement

Beaucoup retiennent 2009 comme l’année de naissance de l’Open Data avec l’ouverture du portail fédéral américain data.gov, mettant en ligne près de 400 000 jeux de données pouvant être consultés et réutilisés par chaque citoyen. Pourtant, ce mouvement est né bien avant. En effet, celui-ci a vu le jour en 2005 du succès rencontré par une application développée par un journaliste et programmeur, ChicagoCrime.org (rebaptisée EveryBlock depuis 2007), qui renseigne sur une carte les données relatives aux crimes et délits commis dans la ville de Chicago et récupérées auprès de la municipalité.

Dès lors, l’ouverture des données s’est effectuée aux États-Unis du bas vers le haut. Les villes de Washington, New York, San Francisco, ont entrepris de recenser des collections de données, puis d’ouvrir des « data stores » pour mettre ces collections de données à la disposition du public des entreprises, des développeurs et des citoyens. Ces démarches de « libération » des données publiques sont très souvent accompagnées de concours d’applications pour encourager la réutilisation des données rendues publiques.

Le courant Open Data est alors devenu un des piliers du programme du candidat Barack Obama lors des campagnes présidentielles américaines de 2008. Du coup, dès son investiture, le nouveau Président a dévoilé son intention de « créer un niveau d’ouverture du gouvernement sans précédent », dans le but de « renforcer la démocratie et promouvoir son efficacité et son effectivité au sein du gouvernement« . Ainsi, alors que la libération de ces données se développait de manière formelle dans quelques États américains, celle-ci, avec l’élection d’Obama fait désormais l’objet d’une politique au niveau fédéral. Quatre mois seulement après l’investiture d’Obama, le 21 Mai 2009, le portail fédéral data.gov est mis en ligne.Plus de 1000 applications ont vu le jour à partir de la réutilisation de ces données. En Décembre de la même année, la Directive du « gouvernement ouvert » est publiée, venant poser les trois piliers de la coopération entre l’Etat et les citoyens, que sont la transparence du gouvernement, la participation et la collaboration.

En Europe, la Grande-Bretagne fait figure de pionnier de l’Open Data. Le phénomène y a pris de l’ampleur sous l’impulsion d’un mouvement sociétal. La création de l’Open Knowledge Foundation devenue l’association de référence sur le sujet, la campagne Free Our Data menée par le célèbre quotidien The Guardian, ainsi que l’engagement de figures emblématiques comme Tim Berners-Lee (créateur du web) auprès du gouvernement de Gordon Brown, ont mené la Grande-Bretagne à son tour vers l’ouverture d’un portail national de mise à disposition de données : data.gov.uk.