L’Open Data n’est pas un sujet que technique, mais aussi et surtout un sujet politique

« L’Open Data concerne avant tout la vie de la cité et répond à la question de transparence de la gestion de nos institutions » a débuté Séverin Naudet, directeur de la mission Etalab, lors de son discours d’introduction aux Dataconnexions Mardi 29 Mai dernier.

La création du terme Open Data remonte à 1995, même s’il n’est apparu que récemment dans le champ politique. C’est en effet l‘Open Government Initiative, en janvier 2009, de Barack Obama qui a marqué l’amorce politique du mouvement. Pourtant, Simon Chignard considère que c’est aussi aux États-Unis à ce moment-là qu’est né « le péché originel » de l’Open Data, avec l’émergence d’une part de la transparence des gouvernements et de la participation citoyenne d’autre part, constituant ainsi « les promesses fondatrices de l’Open Data et les piliers de l’Open Démocratie ».

Selon Séverin Naudet, il existe une vraie culture du secret chez nos administrations encore beaucoup trop opaques. Ainsi, « plus on arrivera à faire rentrer le soleil et ouvrir les portes et fenêtres de l’Etat, plus nous approcherons l’équilibre démocratique ». En expliquant ainsi les bienfaits de l’Open Data, Mr Naudet s’inscrit dans la lecture participative de ce courant, basée sur la notion de bienveillance, en ambitionnant de reconstruire la confiance citoyenne envers les institutions. Il existe aussi deux autres approches, une libérale, portant défiance à l’égard de l’acteur public et voyant la transparence comme un outil pour dénoncer, et une libérale-libertaire, reposant davantage sur la méfiance à l’égard des gouvernements,préférant alors concevoir la transparence à des fins de surveillance.

En France, la tendance Open Data se diffuse à grande vitesse depuis que le champ politique se l’est approprié. Ainsi, les collectivités ouvrent leurs données, répondant alors au principe de transparence. Reste encore à plus encourager l’appropriation et la participation à ce mouvement pour que les citoyens prennent réellement conscience des apports de l’Open Data dans la vie démocratique et quotidienne.

Internet joue un rôle primordial en tant que lien entre Open Data et web participatif démocratique, notamment en termes d’informations disponibles sur la vie démocratique locale grâce aux différents portails de données rendues publiques et d’espace d’expression et d’échange.

Ainsi donc, « le secret de famille de l’Open Data » pour susciter le « désir de data » est l’animation selon Simon Chignard, Vice-Président de la Cantine de Rennes. Et la question de sensibilisation du grand public à l’Open Data devient dès lors l’enjeu capital de l’Open Data.