Smart Disclosure, smart Data

Nous vous parlions l’autre jour, à l’occasion de notre article sur la conférence Open Data du 27 septembre, de l’initiative Blue Button de la Maison Blanche, lancée en août 2010, consistant à ouvrir aux citoyens américains qui le souhaitent (dans un premier temps les vétérans uniquement, maintenant les bénéficiaires des programmes Medicare et Tricare) un accès personnel et privé à leurs données d’historique de santé (rapports, résultats d’examens, consultations, etc.).

Du Blue au Green Button

Anees Chopra, alors CTO du gouvernement (oui, il existe un Directeur des systèmes d’information pour les Etats-Unis – plus précisément celui de la Maison Blanche), avait appelé de ses voeux en septembre 2011 la création d’une autre initiative, Green Button, à l’image de ce qui avait été fait dans le domaine de la santé, mais cette fois pour la consultation et le téléchargement des données de consommation d’énergie des foyers. Il s’agirait donc ici pour les fournisseurs d’électricité d’adopter notamment une interface sécurisée standard (l’ESPI – Energy Service Provider Interface) pour leurs clients, et l’ajout d’un bouton (bleu ou vert, à l’image de celui que vous pouvez voir en haut de cet article) de téléchargement des données sur son site.

Quatre mois après cet appel, trois entreprises de services électriques généraux de l’Etat de Californie annonçaient leur participation à l’initiative Green Button, pour permettre aux Californiens la consultation et le téléchargement de leurs données de consommation d’énergie. Depuis, plusieurs autres entreprises ont annoncé participer au programme, et le mouvement fait tache d’huile aux Etats-Unis.

Smart Disclosure ou Open Data ?

A la différence des données ouvertes anonymes et libérées pour tous selon la philosophie de l’Open Data, ces jeux de données sont personnels et privés, et le choix appartient à leur utilisateur premier (le citoyen) de les diffuser ou non. La philosophie est différente, on parle alors plutôt de Smart disclosure, terme qu’on pourrait traduire par « communication intelligente », ou « divulgation intelligente » des données, et on entend parfois de même l’utilisation du terme Smart Data, façonné bien sûr par analogie avec (et en le distinguant de) les termes Open Data et Big Data.

Quelle utilité pour la Smart Data ?

Selon Anees Chopra, l’initiative Green Button est tout simplement le début d’une nouvelle ère :

[The launch of the Green Button is] the beginning of a new era of consumer control over energy use, and local empowerment to cut waste and save money.

Il rajoute, dans un article de janvier 2012 :

With this information in hand, customers can take advantage of innovative energy apps to help them understand their energy usage and find ways to reduce electricity consumption and shrink bills, all while ensuring they retain privacy and security

L’intérêt est d’abord pour le citoyen : être capable de suivre soit-même son historique de santé de manière sécurisée permet d’être mieux informé, plus à même de prendre les bonnes décisions et gagner du temps. On peut ainsi s’attendre à une diminution des problèmes de redondance dans la médication ou les consultations, donc des économies pour le citoyen (et l’Etat, si le citoyen participe par exemple au programme de sécurité sociale Medicare). De même, suivre la consommation électrique de son foyer devrait permettre de faire des économies et d’éviter le gaspillage et donc une certaine pollution, au moins domestique.

L’initiative Green Button participe par ailleurs à la responsabilisation du citoyen dans son rôle dans la Smart Grid (encore un anglicisme, décidément), synonyme d’économies à grande échelle.

De la Smart à l’Open Data

Ces données précises en smart disclosure pourraient ensuite, une fois agrégées et anonymisées, être utiles à tous.  Des statistiques, analyses, recommandations sur ces données pourraient donc être mises à disposition sur Internet, dans une démarche Open Data.