Les Transports et la Mobilité, Sujets Phares de l’Open Data

Au vu du nombre incroyable d’applications réservées aux transports qui sont nées de la libération des données des administrations mais aussi d’entreprises comme la SNCF, il est indéniable que ce secteur occupe une place de choix dans le phénomène Open Data.

Pourquoi un tel engouement? la réponse est simple, les développeurs d’applications web et mobiles savent que la demande du public sera très forte autour de cette thématique. En effet, qui ne voudrait pas gagner du temps en se rendant plus rapidement au travail ou chez lui?

Quels seraient alors les avantages de cette ouverture pour les acteurs des transports publics? Selon Simon Chignard, un des principaux spécialistes du mouvement et auteur du livre Comprendre l’ouverture des données publiques, « l’ouverture des données transports augmente l’attractivité des réseaux car elle en facilite l’accessibilité. Une application mobile indiquant quel est le meilleur itinéraire pour se rendre d’un point A à un point B, en empruntant les réseaux de transports locaux, va inciter les administrés d’une collectivité à les utiliser ». De même, les pouvoirs publics pourraient bénéficier d’applications auxquelles ils n’auraient même pas pensé ou pas eu les moyens de réaliser, d’où une réduction de coûts pour eux, mais aussi en s’initiant à ce phénomène grandissant, ceux-là pourraient se donner une « image d’innovation et de modernité ». Également, ces données peuvent également intéresser d’autres activités économiques comme les agence immobilières  qui vont pouvoir communiquer sur l’accessibilité en transports en commun des biens dont elles assurent la commercialisation.

Pourtant, on ne peut que constater que les acteurs des transports sont encore trop peu nombreux à avoir pris part au courant, comme la RATP qui est complètement défavorable au projet et qui a notamment fait interdire l’application CheckMyMetro de l’AppStore d’ Apple, estimant que le plan sur lequel repose l’application est sa propriété. Pourquoi donc cette « non-culture » de partage des données dans l’univers des transports? Certains transporteurs estiment que l’Open Data « va à l’encontre de la maîtrise de l’information voyageurs, dont ils veulent garder le contrôle total. D’autres craignent que ces données soient utilisées par la concurrence dans le cadre des dossiers de marchés publics ».

Mais Simon Chignard n’est pas défaitiste. Il est convaincu que l‘ouverture des données transport va malgré tout se développer et il pense même « qu’un jour il y aura une clause de mise à disposition des données dans les délégations de service public. Les transporteurs peuvent trouver leur intérêt dans la mise à disposition des données et l’Open Data est l’une des options possibles ».

De toute façon, au final, « si les acteurs des transports publics ne vont pas à l’Open Data, ce sera l’Open Data qui ira à eux ». Voilà qui est dit!