Yakwala ou comment donner vie aux données locales

Le déluge de données qu’on nous promet s’applique-t-il à toutes les échelles géographiques ? Tel est le credo de Yakwala qui travaille sur une solution permettant d’aller à la rencontre de ses « très petites données » pertinentes à l’échelle hyperlocale qui doivent permettre de mieux partager de l’information, au quotidien. Objectif : développer le premier service d’information hyperlocale en France. Rencontre avec Julien Le Bot,  fondateur associé de Yakwala, finaliste de Dataconnexions.

Tout d’abord, une rencontre. Yakwala est le fruit de la rencontre entre un journaliste et des associés qui viennent du Web et de l’Open Source. Ensuite, une envie commune : travailler sur un projet de développement d’un outil au service des usages dits « hyperlocaux ». Il s’agit avant tout de créer un outil qui soit en interaction avec l’environnement proche permettant de mieux comprendre l’information à l’échelle locale, mais aussi de dépasser la logique verticale propre aux média traditionnels.

Mais alors, où veut-on en venir avec la notion d’ « hyperlocal » ? Ce terme renvoie à la proximité de l’utilisateur avec son environnement immédiat, éventuellement de son déplacement,  pour lui faire remonter de l’information « de proximité » et être au plus près de ses envies/habitudes. En somme, Yakwala accompagne les usages – chez soi ou en mobilité.

Alors que les grands journaux comme Le Parisien rassemblent beaucoup d’informations hétéroclites, l’idée de Yakwala est de permettre à chacun de paramétrer ses informations en fonction de ses goûts, de ses envies, et d’une forme d’hyper-proximité géographique, tout en lui permettant de partager ses propres intuitions avec son voisinage.

En somme, Yakwala n’est pas un réseau social. C’est un outil de centralisation des informations sur la vie locale (sur l’organisation d’une kermesse par exemple) permettant aux acteurs de cette vie locale de couvrir des événements – pas forcément appréhendés par les plus grandes rédactions de presse – tout en y associant des services liés à la donnée locale. Exemple : qui ne s’est pas plaint, un jour, de ne pas trouver une photo de son enfant dans son journal local alors qu’il a joué dans une pièce de Molière au collège du coin ? On pourra la retrouver sur Yakwala si les utilisateurs souhaitent « poster » leurs informations dans un espace participatif consacré à la vie locale.

Yakwala associe donc à son traitement de données ces fonctionnalités de « coproduction d’informations » pour montrer ce qu’il se passe sur un territoire, et permettre à chacun de valoriser son engagement local. Yakwala pourrait être, de ce point de vue, un outil permettant de suivre en permanence ce qu’il se passe autour de soi, de vivre en temps réel et d’avoir une connaissance aiguë de son environnement.

Cet aspect permet de mieux cerner tous les débouchés applicatifs possibles : cette approche mêlant activités sociales et traitement de données locales doit permettre de produire, à terme, des études de marché pour les TPE/PME. En effet, par exemple, si un petit commerce veut s’installer dans une commune Y, avec l’interface que compte développer Yakwala, il pourra en savoir plus sur ses potentiels clients, sa zone de chalandise, ou son potentiel de développement économique.

Yakwala est aussi en mesure d’accompagner les collectivités locales souhaitant entrer dans des démarches « Open Data » sans trop savoir comment s’y prendre : la start-up a donc créé une offre spécifique permettant de conseiller et d’accompagner les administrations pour leur garantir, très rapidement, des débouchés concrets… Et de nouveaux services pour les usagers locaux. Le retour sur investissement de cette innovation est alors évident : la démarche est enclenchée, et chacun peut apprécier sur la base de l’expérience Yakwala ce que des « réutilisateurs » (entreprises, développeurs, journalistes) peuvent ensuite proposer.

La plateforme n’en est encore qu’à sa version bêta 1, mais le lancement d’une version bêta 2 est prévue pour le second semestre de 2012. A priori, Yakwala pourrait commencer avec les villes de Paris, de Montpellier et… d’Eghezée (en Belgique).

Enfin, grâce aux formations que propose Yakwala sur la compréhension des usages en ligne et de leurs applications sur un territoire donné ou bien encore sur l’optimisation de la visibilité des actions de chacun, l’équipe vise à sensibiliser tous les acteurs, et même internationaux, sur l’information locale, son importance. Il s’agit de démocratiser l’accès aux données, et d’avoir une meilleure compréhension de son territoire et de son entourage en adoptant une approche ouverte de partage. Dans la ligne de mire des fondateurs de Yakwala : une « duplicabilité » du modèle sur tous types de territoires.

Pour suivre les projets de Yakwala et l’évolution de ses développements, il suffit de suivre les actualités publiées régulièrement sur le blog de l’entreprise : www.yakwala.fr/blog