Qu’est-ce que la Omra ? Le pèlerinage islamique expliqué

Le site le plus ancien et le plus sacré de l’islam, La Mecque, situé dans la province occidentale du Hijaz en Arabie saoudite, est un lieu important pour les musulmans du monde entier.

C’est là que le Coran, le livre saint de l’islam, aurait été révélé au prophète Mahomet.

Coronavirus : L’Arabie saoudite interdit tout pèlerinage de la Omra à la Mecque

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Alors que l’Arabie saoudite émet une interdiction temporaire du pèlerinage de la Omra dans les villes saintes de la Mecque et de Médine pour les citoyens saoudiens et les résidents du royaume en raison des inquiétudes liées au coronavirus, Middle East Eye explique en quoi consiste ce pèlerinage moins connu.

Qu’est-ce que l’Umrah ?

L’Umrah est le nom donné à un pèlerinage à la Mecque, une version plus courte du rassemblement annuel du Hajj. Le mot « Umrah » en arabe signifie « visite d’un lieu habité ».

L’Umrah offre l’occasion aux musulmans de rafraîchir leur foi, de demander pardon et de prier pour leurs besoins. On dit de celui qui l’accomplit qu’il est purifié de ses péchés.

Quelles sont les principales différences entre la Omra et le Hajj ?

L’Omra est volontaire mais le Hajj est obligatoire pour ceux qui sont physiquement bien et qui peuvent se le permettre.

Le Hajj est l’un des cinq piliers de l’Islam et les musulmans qui le peuvent doivent l’accomplir au moins une fois dans leur vie.

Des millions de musulmans se rendent chaque année au site le plus sacré de l’islam, le Masjid al-Haraam de La Mecque, pour accomplir la Omra (Amer Hilabi/AFP)

L’Omra peut être accomplie tout au long de l’année, mais le Hajj n’est accompli qu’à un moment précis, entre le 8 et le 13 de Dhul Hijah, le dernier mois du calendrier lunaire islamique.

L’Omra est presque une « solution miracle » spirituelle et peut être accomplie en moins de deux heures, selon l’affluence. Le Hajj est une expérience plus intense qui se déroule sur plusieurs jours.

Le Hajj est l’un des plus grands rassemblements annuels de personnes dans le monde, avec plus de deux millions de pèlerins qui y participent chaque année, en provenance de quelque 188 pays. L’Oumra, qui est connu comme le « plus petit » pèlerinage, pourrait être effectué par plusieurs millions de pèlerins chaque année, très probablement en raison du fait qu’il est moins cher et plus rapide à accomplir.

Le point central des deux pèlerinages est la Kaaba, la structure en boîte noire située dans le grand complexe de mosquées de La Mecque connu sous le nom de Masjid al-Haraam. C’est également en direction de la Kaaba que les musulmans font face lorsqu’ils offrent leurs cinq prières quotidiennes, où qu’ils se trouvent dans le monde.

La Omra et le Hajj partagent le même ensemble d’actes de dévotion fondamentaux, bien qu’il y ait un ensemble plus étendu de rituels attendus pendant le Hajj.

Comment les pèlerins peuvent-ils se rendre à la Omra ?

Les fidèles venant de l’extérieur de l’Arabie saoudite s’y rendent généralement en avion et doivent demander un visa spécial Omra valable un mois. Ils doivent également avoir une vaccination contre la méningite, ainsi que les bons documents pour le prouver.

Les voyageurs des pays voisins peuvent traverser les frontières en voiture, mais auront également besoin d’un visa.

Pour les Saoudiens et ceux qui vivent et travaillent déjà dans le pays, aucun document spécial n’est nécessaire.

Les musulmans de tout âge peuvent accomplir la Omra et le Hajj, et il n’y a aucune restriction sur le nombre de fois qu’une personne peut faire le voyage dans sa vie.

Mais les femmes de moins de 45 ans doivent être accompagnées d’un mahram, un membre masculin de la famille ou un parent, âgé de plus de 17 ans. Les femmes de plus de 45 ans sont autorisées à voyager avec des groupes de touristes, sans avoir besoin d’un mahram.

Au voisinage du complexe Masjid al-Haraam se trouve une gamme d’hôtels – des établissements bon marché aux établissements sept étoiles.

Pour ceux qui séjournent plus loin, la plupart des hôtels offrent un service de navette gratuit vers le lieu saint, anticipant l’arrivée des pèlerins.

Les pèlerins accomplissent le tawaaf, circulation autour de la Kaaba, tout en faisant des supplications à Dieu (Nadda Osman/MEE)

Quand les pèlerins peuvent-ils faire la Omra ?

Elle peut être effectuée à tout moment de l’année, en dehors des cinq jours où a lieu le Hajj.

La plupart des pèlerins s’y rendent pendant le mois sacré du Ramadan, ou pendant les deux mois lunaires islamiques qui le précèdent, Rajab et Sha’ban, qui sont également considérés comme sacrés.

Les musulmans croient que la miséricorde et l’acceptation des prières sont accrues pendant ces mois sacrés, lorsqu’il y a également une plus grande récompense pour les actes d’adoration.

Y a-t-il des règles pendant la Omra ?

Un pèlerin doit être dans un état d’Ihraam, qui dérive du mot arabe harama, qui signifie interdit.

L’appellation reflète la croyance que les pèlerins, pendant la Omra (et le Hajj) doivent entrer dans un état spirituel de perfection presque humaine. Il ne peut y avoir de querelles, de jurons ou de mauvais langage. Aucun animal ne peut être blessé – même le fait de tuer un insecte brisera l’état d’Ihraam et annulera la Umrah.

Les pèlerins ne peuvent pas couper, raser ou épiler des cheveux, couper leurs ongles, porter du maquillage ou du parfum ou utiliser des produits supplémentaires. Faire l’une de ces choses invaliderait l’Ihraam selon la jurisprudence islamique.

L’étape suivante consiste à réciter à haute voix leur intention de faire la Omra. Cela se fait généralement lorsqu’un individu atteint les Meeqat (points d’entrée à la Mecque marquant le début de l’observation de l’Ihraam). Les pèlerins offrent alors une prière et doivent s’en tenir aux règles ci-dessus jusqu’à la fin de leur pèlerinage.

Que portent les gens pendant la Omra ?

L’Ihraam dicte également la tenue des pèlerins. Elle symbolise l’égalité de toute l’humanité devant Dieu. Elle signifie qu’aucun sexe, aucune nationalité, aucun statut ne peut rendre une personne supérieure à une autre.
Pour les hommes, il s’agit de deux feuilles de tissu blanc non cousues, l’une couvrant la moitié inférieure du corps attachée autour de la taille, et l’autre étant drapée autour de la moitié supérieure du corps et des épaules. Aucun sous-vêtement ou vêtement supplémentaire n’est porté avec l’Ihraam.

Pour les chaussures, les hommes portent des sandales et doivent garder la tête découverte.

Les femmes peuvent porter n’importe quel vêtement long, ample et de conception simple. Beaucoup optent pour une abaya noire unie – une robe ample à manches longues qui couvre tout le corps – et un simple hijab, ou couvre-chef. Le visage ne peut être couvert.

Les fidèles musulmans habillés de leur Ihraam. Les hommes se couvrent le corps de deux pièces de tissu blanc non cousu ; les femmes peuvent porter une abaya ample (Karim Sahib/AFP)

Comment effectue-t-on la Omra ?

(i) Récitez vos intentions : Tout en marchant vers la Kaaba, les pèlerins suivent la pratique du prophète de l’Islam, Mahomet, et récitent la Talbiya, annonçant leur arrivée et affirmant l’unicité de Dieu.

Labbayka llāhumma labbayk(a), labbayka lā sharīka laka labbayk(a), inna l-ḥamda wa n-ni’mata, laka wa l-mulk(a), lā sharīka lak.

(Traduction : A ton service, Allah, à ton service. A ton service, Tu n’as pas d’associé, à ton service. En vérité, toute louange, faveur et souveraineté est à Toi. Tu n’as pas de partenaire.)

En entrant dans le Masjid al-Haraam, le complexe de mosquées abritant la Kaaba, les pèlerins entrent avec leur pied droit et font une supplication, demandant à Dieu sa miséricorde et son pardon.

(ii) Entreprendre le tawaaf : Les pèlerins font sept fois le tour de la Kaaba dans le sens inverse des aiguilles d’une montre en priant profondément. Il commence à la pointe orientale de la Kaaba où se trouve la pierre noire, qui remonterait à l’époque d’Adam et Eve, et qui est très vénérée par les musulmans.

Le tawaf peut prendre 20 minutes lorsque la mosquée n’est pas occupée, mais beaucoup plus longtemps lorsqu’elle l’est, et les pèlerins peuvent avoir à circuler autour des étages supérieurs des balcons du Haraam.

Le but est de montrer la dévotion à Dieu et de démontrer l’unité entre les adorateurs.

(iii) Prier : Les pèlerins prient et récitent des versets du Coran au Maqam Ibrahim – le lieu d’Abraham – à quelques mètres de la Kaaba. Ils se rendent ensuite à un point d’eau pour boire du zamzam, considéré comme de l’eau bénite.

Les pèlerins marchent entre le mont Safa et le mont Marwa, vêtus de leurs simples vêtements Ihraam (Mustafa Ozer/ AFP)

(iv) Sa’ii :

À quelques minutes de marche de la Kaaba se trouvent le mont Safa et le mont Marwa, où les musulmans récitent des prières en faisant des allers-retours entre les deux montagnes, sept fois. La distance totale parcourue est de deux miles et le temps nécessaire dépend de la capacité et de la forme physique du pèlerin.

L’acte de sa’ii honore l’histoire coranique de Haajar, l’épouse du prophète Ibrahim (ou Abraham de la Bible), qui aurait erré inlassablement entre les montagnes de Safa et Marwa à la recherche d’eau pour son fils nourrisson Ismail (Ismaël), dans un désert aride.

Alors que Hajjar courait entre les sommets des montagnes, les musulmans croient que l’ange Gabriel a frappé le sol et que de l’eau bénite en est sortie en jaillissant, sauvant ainsi la vie du bébé. Les pèlerins boivent encore aujourd’hui à ce même puits d’eau.

Après avoir accompli le sa’ii, les pèlerins offrent ensuite une dernière prière.

L’eau zamzam se trouve dans tout le Masjid al-Haraam, permettant aux pèlerins d’étancher leur soif et de l’utiliser pour faire des supplications à Dieu (MEE/Nadda Osman)

(v) Taqsir : De nombreux pèlerins masculins subissent ensuite le taqsir, connu sous le nom de raccourcissement des cheveux, dans l’un des nombreux salons de coiffure qui entourent la zone du Masjid al-Haraam.

Le rasage de la tête est considéré comme le symbole de la renaissance et de l’achèvement de leur pèlerinage. Les femmes pèlerines coupent une petite quantité de leurs cheveux, égale à la longueur d’un bout de doigt.

Ce point marque la fin de la Omra et les pèlerins ne sont plus tenus d’adhérer aux règles de l’Ihraam.

Les pèlerins masculins ont la tête rasée à la fin de la Omra (Fethi Belaid/AFP)

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